Saut en parachute : tout ce qu’il faut savoir pour débuter

Saut en parachute en tandem au dessus de la terre.

Le saut en parachute est un des sports extrêmes les plus prisés par les amoureux de l’aventure et des sensations fortes. Longtemps réservé à une élite militaire et à quelques privilégiés fortunés, ce sport se démocratise de plus en plus et est aujourd’hui accessible au grand public.

Publié le 15/08/2022 - Mis à jour le 25/08/2022

Le parachute : une histoire française

C’est Louis-Sébastien Lenormand qui, en décembre 1783, effectue le premier saut en “parachute” en s’élançant d’un ormeau en tenant deux parasols rigides. C’est aussi ce physicien et inventeur français qui donne le premier son nom à cette pratique en ajoutant le préfixe grec “para” qui signifie contre, au mot “chute”, car le premier but de son invention était de protéger les vies dans le cas d’un incendie se déclarant dans un immeuble.

Toutefois, c’est à André-Jacques Garnerin qu’on doit le premier saut en parachute non rigide. Le physicien a repris et perfectionné le concept développé par Lenormand pour s’élancer, pour la première fois avec un parachute d’un ballon, le 22 octobre 1797, au parc Monceau à Paris. En 1887, la nacelle rigide utilisée par Gamerin est remplacée par un harnais par l’Américain Tom Baldwin et le premier parachute plié dans un sac à dos lacé est créé en 1908 par Charles Broadwick. Le parachute moderne est né.

Le parachute connaît par la suite de nombreux développements jusqu’à devenir, lors de la seconde guerre mondiale, un moyen de déploiement rapide de troupes. Le parachute est alors massivement utilisé par les principales armées de l’époque.

Aujourd’hui, le parachutisme reste largement utilisé par les armées, mais c’est aussi un sport extrême de plus en plus accessible, comme en témoigne le nombre de parachutistes licenciés en France. En 2021, ils étaient au nombre de 57 017 dont 19 851 femmes.

Chute libre et atterrissage en douceur

Le saut en parachute consiste à s’élancer d’une hauteur de quelques centaines à plusieurs milliers de mètres, généralement d’un avion ou de tout autre aéronef. Le parachutiste fait une chute libre qui dure plus ou moins longtemps en fonction de l’altitude, avant de redescendre et d’atterrir en douceur en déployant la voile de son parachute.

Le fonctionnement du saut en parachute repose sur une physique assez simple. Avant de déployer sa voile, le parachutiste a une résistance à l’air négligeable, ce qui lui permet de fortement accélérer pendant la phase de chute libre. En accélérant, la résistance à l’air augmente jusqu’à égaler le poids du parachutiste et se stabiliser. Lorsque la voile est déployée, l’air s’y engouffre, augmentant subitement la résistance à l’air et ralentissant la vitesse de la chute. C’est ainsi que la phase de chute libre se conclut par une phase de descente et d'atterrissage plus lente et plus douce.

Voilà comment se passe un premier saut en parachute en tandem.

Un sport aux nombreuses déclinaisons

Le parachutisme ne se résume plus au simple saut en chute libre suivi du déploiement de la voile pour l’atterrissage. Aujourd’hui, la pratique se décline en de nombreuses disciplines.

Le vol relatif

Le vol relatif consiste à effectuer une chute libre en groupe, avec 4 ou 8 parachutistes et à réaliser une série de figures imposées.

La précision d’atterrissage

La PA est une discipline d’adresse, de précision et d’analyse des conditions météorologiques. En compétition, le parachutiste saute d’une altitude de 1 000 mètres et doit atterrir en touchant un plot de 3 centimètres de diamètre situé au milieu d'une cible en mousse.

La voltige

La voltige est une discipline sportive et artistique qui consiste à prendre de la vitesse et à réaliser un enchaînement de figures imposées en chute libre.

Le free fly

Aussi appelé vol libre, cette discipline consiste à réaliser en équipe des figures tête en bas ou tête en haut, mais jamais à plat.

La chute assis

C’est une pratique de loisir dans laquelle le parachutiste prend une position assise à sa sortie d’avion et tente de la maintenir tout au long de la phase de chute libre. Il peut aussi combiner cette position avec diverses figures.

Le voile contact

Dans cette discipline, les parachutistes ouvrent leurs voiles assez tôt après la sortie d’avion et réalisent des figures et forment des formations. Il est même possible de faire des appontages sur les voiles des coéquipiers.

Vos débuts en parachutisme

Débuter en parachutisme ne se fait pas aussi facilement que débuter en tennis ou en natation. Il y a un certain nombre de prérequis qu’il faut remplir, notamment en ce qui concerne l’état de santé.

Les prérequis

Les conditions de santé pour faire du parachutisme varient en fonction du type d'initiation que vous choisissez. Pour le vol en tandem, vous n’avez besoin que d’un certificat médical d’absence de contre-indication délivré par votre médecin généraliste. Pour le saut en ouverture automatique et le saut en progression accompagnée en chute, vous devez fournir un certificat d’aptitude délivré par un médecin agréé par la Fédération française de parachutisme ou FFP.

Il faut aussi être âgé d’au moins 15 ans et les mineurs doivent fournir une autorisation parentale.

Les formations et brevets

Il est quasiment impossible de s’initier seul au parachutisme, il est donc indispensable de suivre une formation ou faire des sauts d’initiation au sein d’une école ou d’un club agréé. Les formations en parachutisme sont sanctionnées par l’obtention d’un brevet. Le brevet A permet de sauter en parachute seul au sein d’une école agréée. Il est obtenu après une épreuve orale et écrite menée sous la supervision d’un moniteur. Le brevet B nécessite un minimum de 30 sauts et permet d’obtenir par la suite les brevets de spécialité pour les disciplines citées plus haut. Les brevets C et D sont délivrés à ceux qui ont des capacités à encadrer les sauts avec le pilote. Il ouvre droit à l’encadrement de parachutages. Le brevet D permet de réaliser des sauts spéciaux en dehors des écoles de parachutisme.

Le matériel

Le matériel pour faire du parachutisme est généralement fourni, entretenu et vérifié par les écoles et son prix est inclus dans le forfait que paie l’élève. Mais il est possible d’acquérir son propre matériel. Vous pouvez donc acquérir le sac harnais qui sert à assurer le maintien du parachutiste sous la voilure, la voile principale qui assure la descente en douceur et la voile de secours qui est rarement utilisée, mais est indispensable en cas de dysfonctionnement de la voile principale. Vous avez aussi besoin de tenues de protection : casque, lunettes, combinaison, ainsi que d’un altimètre. Ces équipements sont assez coûteux et la plupart des parachutistes préfèrent utiliser ceux des écoles et clubs de parachutisme.

Où faire du parachutisme en France ?

Il existe en France des dizaines de clubs et d’écoles de parachutisme et chacun dispose de spots ou “drope zones” et de parcours.

Il y a toutefois des lieux où le saut prend une tout autre dimension grâce à des paysages hors du commun. C’est le cas de Gap, dans les Hautes-Alpes, un site de renommée mondiale où les parachutistes profitent d’une vue imprenable sur les pics enneigés entre le Mercantour et les Écrins.

Chambéry offre également un cadre hors du commun pour le saut, entre les massifs des Bauges et de la Chartreuse, avec une vue imprenable sur le lac du Bourget.

Dans le Sud-Ouest, Pau dispose d’une des plus belles drope zones, située entre plaine et montagnes et une vue à couper le souffle sur les Pyrénées.

Les sites de saut d’exception sont nombreux en France et on peut citer parmi eux Propriano, en Corse, Domme, en Dordogne, la Baie du Mont-Saint-Michel, ou encore Chamonix-Mont-Blanc, en Haute-Savoie, qui offre l’occasion d’avoir des décharges adrénaline en sautant au-dessus des plus hautes montagnes d’Europe.

Dans le monde, il existe des spots encore plus exceptionnels, comme Key West, en Floride, Hawaï, le Grand Canyon, en Arizona, ou encore, Amalfi, en Italie.